Le dix-neuvième siècle : empires, républiques et école pour tous
Un siècle d'épopées, de barricades et d'écoles qui ouvrent.
Napoléon Premier — l'Empereur
Né en Corse en mille sept cent soixante-neuf, devenu général à vingt-quatre ans, Premier Consul à trente, empereur à trente-cinq. Le destin de Napoléon Bonaparte tient en quinze ans.
Le 2 décembre 1804, à Notre-Dame de Paris, il se couronne lui-même empereur — geste fort : son pouvoir ne vient ni de Dieu ni du Pape, mais du peuple.
Il refait la France. Il crée le Code civil en mille huit cent quatre — encore en vigueur aujourd'hui, copié dans le monde entier. Il fonde les lycées, le Conseil d'État, la Banque de France, la Légion d'honneur, les préfectures.
Mais il veut aussi conquérir l'Europe. De victoires en victoires — Austerlitz en mille huit cent cinq, Iéna en mille huit cent six — puis de désastres, la Russie en mille huit cent douze. Le 18 juin 1815, à Waterloo, il est définitivement vaincu. Il meurt en exil à Sainte-Hélène en mille huit cent vingt et un.
Trois révolutions en soixante ans
Après Napoléon, les rois reviennent. La monarchie est restaurée. Mais le peuple a goûté à la souveraineté — il ne l'oubliera plus.
En juillet 1830, trois jours d'émeutes à Paris — les 'Trois Glorieuses' — chassent Charles Dix. Le drapeau tricolore redevient officiel.
En février 1848, nouvelle révolution. La République est proclamée. C'est la deuxième République. Elle décrète l'abolition définitive de l'esclavage, instaure le suffrage universel masculin — pour la première fois en Europe, chaque homme adulte vote.
Mais en 1851, le neveu de Napoléon, Louis-Napoléon Bonaparte, fait un coup d'État. Il devient Napoléon Trois. Second Empire. Modernisation du pays, transformation de Paris par Haussmann. Et fin brutale en mille huit cent soixante-dix avec la défaite contre la Prusse à Sedan.
C'est aussi le grand siècle de l'expansion coloniale française. À partir de 1830, par les armes le plus souvent, la France constitue un vaste empire : Algérie en 1830, puis le Sénégal, Madagascar, l'Indochine, le Maroc, la Tunisie. Aux Antilles, en Afrique, en Asie. Empire qui fera la fierté de la France — puis sera, au siècle suivant, la source de son déchirement.
La troisième République — l'école, le ciment de la nation
Après la défaite de mille huit cent soixante-dix, la République est proclamée pour la troisième fois — le 4 septembre 1870. Cette fois, elle va durer soixante-dix ans. Mais elle naît dans le sang : au printemps 1871, Paris se soulève. C'est la Commune de Paris, première expérience d'autogestion ouvrière. Elle est écrasée en mai par les Versaillais — vingt mille morts pendant la 'Semaine sanglante'. Blessure profonde dans la mémoire de la gauche française.
Au cœur du nouveau projet républicain : l'école. En mille huit cent quatre-vingt-un et mille huit cent quatre-vingt-deux, le ministre Jules Ferry fait voter les lois qui rendent l'école publique gratuite, laïque et obligatoire pour les filles comme pour les garçons, de six à treize ans.
Les 'hussards noirs de la République' — les instituteurs — partent dans chaque village apprendre à lire le français, l'histoire et la géographie aux enfants. La République se construit par l'école.
C'est aussi le grand siècle de la science française. En mille huit cent quatre-vingt-cinq, Louis Pasteur sauve un enfant mordu par un chien enragé en lui injectant un vaccin de son invention. La microbiologie est née. Ses découvertes — pasteurisation, vaccins, hygiène — sauvent des millions de vies. Marie Curie, polonaise naturalisée française, prix Nobel de physique en mille neuf cent trois, puis de chimie en mille neuf cent onze, prolonge cette tradition.
C'est aussi cette République qui inscrit la liberté de la presse en mille huit cent quatre-vingt-un, la liberté syndicale en mille huit cent quatre-vingt-quatre, et qui fait du 14 juillet la fête nationale en mille huit cent quatre-vingts.
« L'école sera gratuite, laïque et obligatoire. »
— Lois Jules Ferry, 1881-1882
1905 — la séparation des Églises et de l'État
Le 9 décembre 1905, la France adopte une loi qui va définir un de ses traits les plus profonds : la séparation des Églises et de l'État.
L'État ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. La République est laïque : elle est neutre vis-à-vis des religions.
Ce n'est pas un combat contre la religion. C'est un principe de liberté : la liberté de conscience, la même pour tous, sans qu'aucune religion ne dicte sa loi à l'État.
La laïcité devient un des piliers de la République française. Elle figure dans la Constitution de 1958 dès l'article premier : 'La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.'
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L'école laïque enracine la République. Mais au-delà du Rhin, un autre empire prépare l'éclatement du siècle suivant.